En naviguant sur notre site vous acceptez l'installation et l'utilisation des cookies sur votre ordinateur. En savoir +

Menu Fédération de recherche en infectiologie de la région Centre-Val de Loire

Infectiologie région Centre

Sélection Avicole Qualité Sécurité alimentaire et Environnement, UR 83 Recherches Avicoles

Responsable : Elisabeth Le Bihan Duval

Enjeux socio-économiques

La durabilité de l’élevage avicole passe par la recherche de systèmes de production plus économes, respectueux de l’environnement et du bien-être animal et aptes à produire des aliments de qualité. Alors que la sélection avicole a jusqu’ici privilégié des animaux très performants mais aussi très exigeants en termes d’intrants, l’évolution des systèmes d’élevage implique la recherche d’animaux plus adaptables face à des environnements changeants. Ainsi, pour continuer à se développer et répondre à une demande croissante au niveau mondial, les filières avicoles doivent aller vers une plus forte utilisation de matières premières alternatives, moins en concurrence avec l’homme, mais qui sont fréquemment de moindre qualité nutritionnelle et/ou de qualité plus variable. Le projet de recherche de l’équipe porte sur l’étude génétique de l’adaptabilité à l’aliment (en particulier en termes d’efficacité digestive) et de l’utilisation métabolique des nutriments en lien avec la qualité des produits (en particulier de la viande). Mené dans une approche intégrative, il vise aussi à mieux comprendre dans quelle mesure un renforcement des capacités digestives constitue une voie de prévention efficace contre les pathologies (notamment digestives) et peut contribuer à améliorer le bien-être des animaux en conditions d’élevage limitant les intrants.

Activités de recherche

La démarche scientifique de l’équipe consiste à rechercher de nouveaux critères de sélection, à en explorer la variabilité génétique par des approches de génétique quantitative (qui incluent la sélection de lignées divergentes) et de génomique, et à évaluer leur impact sur la durabilité par des approches multicritères.

Résultats 
 
L’efficacité alimentaire des animaux est un caractère complexe qui dépend des processus d’ingestion, de digestion et d’utilisation métabolique des nutriments. Si l’efficacité métabolique a déjà été largement améliorée par la sélection avicole, l’efficacité digestive a été moins explorée et exploitée. De plus, les gènes et les mutations à l’origine de sa variabilité restent méconnus. Sous réserve de disposer d’un matériel animal adapté, les approches de génomique permettent aujourd’hui d’identifier les régions du génome ou QTL (pour Quantitative Trait Loci) portant le(s) variant(s) des gènes à l’origine d’une variation significative du caractère d’intérêt. Une telle recherche a été mise en œuvre dans le cadre du programme ANR CHIEF (2009-2012) sur un modèle unique de deux lignées divergentes de poulets sélectionnées par l’équipe pour leur efficacité digestive au travers du critère de l’EMAn représentant la différence entre énergie ingérée et excrétée. Après 8 générations de sélection, les animaux bons digesteurs (D+) ont des valeurs d’EMAn de 30% à 40% supérieures à celles des mauvais digesteurs (D-). L’approche expérimentale menée sur plus de 800 animaux du croisement de seconde génération entre les lignées (F2) a permis de détecter 9 QTL contrôlant l’efficacité digestive dont certains co-localisent avec des QTL de rejets montrant un lien génétique direct entre digestion et excrétion.

La caractérisation des lignées divergentes a par ailleurs permis d’initier l’étude des relations entre microbiote intestinal et efficacité digestive. Des premiers résultats montrent la présence de plus d’E. coli et de moins de lactobacilles chez les D- que chez les D+, différence qui a ensuite été confirmée sur le croisement F2. Nous avons mis en évidence, qu’au-delà de la quantité de chaque type de bactérie, c’était plutôt l’équilibre entre les différents groupes bactériens qui semble lié à l’efficacité digestive. De plus, plusieurs éléments suggèrent des différences de système immunitaire entre D+ et D-, avec notamment des différences de sensibilité aux colibacilles et la présence de nombreux QTLs sur le chromosome 16, porteur du complexe majeur d’histocompatibilité.

Les recherches vont se poursuivre dans le cadre de différents programmes collaboratifs (GISA-GALMIDE, ICSA-CHICKTRADEOFF, européen Feed-a-gene) afin de préciser l’architecture génétique de l’efficacité digestive, d’étudier l’impact de la génétique de l’hôte sur son microbiote et, de mieux comprendre les relations entre efficacité digestive et robustesse de l’animal pour contribuer à une approche intégrée de la santé animale.