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Menu Fédération de recherche en infectiologie de la région Centre-Val de Loire

Infectiologie région Centre

Biologie des Virus Aviaire (BioVA)

Responsable : Caroline Denesvre

Etude d'un virus pathogène majeur des volailles, l'herpesvirus de la maladie de Marek (MDV).

Le virus de la maladie de Marek (MDV) est un alphaherpesvirus oncogène, qui infecte les poules après inhalation de poussières contaminées. Ce virus induit une immunosuppression transitoire chez les poussins et surtout des lymphomes T mortels chez les jeunes et les adultes.

 

Enjeux socio-économiques

Malgré l’application systématique d’une prophylaxie vaccinale, le virus MDV reste un pathogène majeur imparfaitement maîtrisé à l'origine de pertes économiques importantes en élevage avicole à l'échelle mondiale. Cela s’explique en particulier par le fait que les vaccins actuels protègent contre le développement tumoral mais n'inhibent ni l'infection virale ni l’excrétion des MDV pathogènes au niveau des follicules des plumes. Compte tenu de la  résistance élevée de ce virus enveloppé associé aux débris de squames, l'environnement peut rester contaminé plusieurs mois en absence d'une décontamination complète.

Les vaccins anti-MD sont parmi les rares vaccins aviaires qui sont encore produits sur cellules primaires d'embryons de poule. Remplacer ce système de production par des lignées cellulaires est un enjeu à la fois pour réduire l'utilisation des embryons mais aussi pour diminuer les risques de contamination des vaccins par des pathogènes indésirables.

L'immunosuppression induite par le MDV augmente la sensibilité des poussins à d'autres infections et réduit la réponse immune à certains vaccins administrés. De plus, la vaccination MDV elle-même peut induire une immunosuppression modérée, causant un dilemme entre l'absolue nécessité de vacciner contre le MDV et la diminution de la réponse aux autres vaccins. Aussi évaluer cette immunosuppression afin de la réduire constitue un enjeu important pour une production optimale et pour une sécurité alimentaire globale.

Activités de recherche

Nos activités s'étendent de la virologie fondamentale à la virologie appliquée avec le développement de nouveaux supports cellulaires capable de répliquer le virus de la maladie de Marek.

Le virus de la maladie de Marek (MDV)

Depuis 2011, nous nous avons initié un projet visant à dériver des cellules permissives à la réplication du MDV à partir de cellules souches embryonnaires de poule en collaboration avec l’équipe de B. Pain. Nous avons pour ambition de dériver des cellules permettant la production des vaccins, d’identifier des facteurs de permissivité et de reproduire la production de virions libres totalement ex vivo. Ce projet qui a été initié dans le cadre du programme européen ERA NET-EMIDA « MADISPREAD » (2011-2013) dont notre équipe était coordonateur a permis de générer des clones de kératinocytes de poulet. Ce matériel unique est à présent utilisé afin d'étudier les interactions entre le MDV et l'épithélium cutané et notamment dans le cadre de l’étude de la morphogénèse virale. La dérivation d'autres types cellulaires est en cours.

Bien que l'immunosuppression induite par le virus de la maladie de Marek ait été décrite depuis de nombreuses années, cette immunosuppression reste mal caractérisée. Notre objectif est d'utiliser notre expertise ainsi que les techniques développées au cours des dernières années par nos collaborateurs (par exemple, la culture de lymphocytes primaires de poule) afin d'identifier les mécanismes cellulaires et moléculaires à l'origine de cette immunosuppression. Ce projet constitue un « workpackage » du programme européen ERANET-Anihwa  « MADISUP » (2014-2017), dont notre équipe est coordonateur.

Malgré l’identification de plusieurs oncogènes viraux, l'une des préoccupations de recherche majeure dans la pathogenèse de la maladie de Marek est d’élucider les mécanismes à l’origine de la tumorigenèse. Dans ce contexte, nous avons développé un projet visant à étudier la modulation des voies de signalisation cellulaire associées à la prolifération des cellules lors de l’infection par le MDV. Nous avons ainsi mis en évidence une dérégulation du cycle cellulaire conduisant à un arrêt prolifératif des cellules en phase-S spécifiquement dans les cellules infectées par le virus. Nous nous intéressons à présent à établir une corrélation entre ce blocage du cycle et l’apparition de lésions double-brin de l’ADN, dommages les plus toxiques pour les cellules, pouvant être à l’origine d’instabilité génomique.